Un an et une action coup de poing
Ce matin, 11h, à l'entrée de l'Hôtel de Ville, autour des portraits géants de Hervé Guesquières et Stéphane Taponier on s'affaire : après les discours, les interview, puis les photos, on s'exclame, on s'insurge, on s'étonne qu'ils ne soient toujours pas rentrés après un an de détention en Afghanistan, on se dit qu'on ne peut pas laisser passer ça, qu'un an c'est trop long, et que les quelques vidéos en guise de nouvelles c'est pas assez. On se bouscule aussi. On se dit que...
Le calme de la nuit semble oublié, et pourtant quelques heures plus tôt, entre 6h30 et 8h du matin, les deux mêmes portraits étaient projetés sans autorisation préalable, sur l'Arc de triomphe. Outre le caractère secret de l'événement qui donne à ce genre d'opération un goût excitant, c'est le silence du petit matin que l'on retiendra.
En bas, on accueille les invités : membres du comités de soutien, de Reporters sans frontières et journalistes. Le café est offert. Du balcon d'où se déroule la projection, on chuchote, on s'éveille mais on reste paisible. A part deux ou trois interview donnés ici et là, tous les regards sont rivés sur l'Arc. Le silence des deux portraits projetés pendant 1h30 sur l'arc de triomphe fait face au silence de leurs ravisseurs et du gouvernement Français. On reste dehors immobile, 29 décembre, personne n'a froid ce matin.
Dès 8h15, la photo de la place de l'étoile ainsi décorée, devient la photo du jour de nombreux médias nationaux. Après 1 an d'absence, une image forte et silencieuse semblerait valoir mieux qu'un long discours.
Cécile, chez Reporters Sans Frontières
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